Une collection d'observations, d'idées
et d'histoires explorant la relation entre espace, design et notre façon
de vivre.

Une collection d'observations, d'idées et d'histoires explorant la relation entre espace, design et notre façon de vivre.

Traverser les hémisphères

Trouver sa place

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Belvès et la charpente dorée des halles.
Solène au carrefour de ruelles à Belvès.

Après des années à déménager, voyager et imaginer ce qui pourrait venir ensuite, nous sommes arrivés à un moment où rester nous semblait plus excitant que de chercher un nouvel endroit.

L’idée de vivre en France nous accompagnait depuis bien avant de devenir un projet. Pour Solène, c’était un retour ; pour moi, un commencement. Ensemble, cela ressemblait au début d'une vie que nous imaginions discrètement depuis des années.

Nous avons toujours été attirés par les lieux qui se dévoilent lentement. Ceux où l’histoire se lit dans des marches de pierre usées, des bois patinés, ou dans la façon dont la lumière de l’après-midi glisse sur une façade. Les petits villages, leur paysages et leur rythme de vie n’ont cessé de nous attirer. S'installer ici n’a fait qu’approfondir cette attention. Cela nous a appris à ralentir, à observer davantage et à prendre le temps de regarder.

Avec le temps, nous avons compris que ce n’était pas seulement le lieu où nous vivions qui changeait. C’était aussi notre manière d’observer le monde qui nous entourait.

Cette façon de regarder façonne inévitablement le travail que nous créons.

Un bon design, comme une bonne architecture, appartient à son environnement. Il reflète les personnes, le paysage et la culture qui lui donnent son sens. Les marques et les identités les plus fortes n’arrivent jamais toutes faites. Elles émergent de l’observation, de l’écoute et de la compréhension.

Avant de créer, il y a toujours le regard.

Notre vie aussi a changé. Avec une jeune famille, nous sommes devenus plus attentifs aux lieux où nous choisissons de passer notre temps. Les rues calmes. Les jardins ombragés. Les vieilles maisons qui restent fraîches pendant l’été. Les villages pensés pour marcher plutôt que pour courir. Les plus petits détails sont souvent ceux qui influencent le plus la façon dont un lieu est ressenti — et, par conséquent, la façon dont nous pensons, travaillons et créons.

Changer d’hémisphère ne nous a pas donné de nouvelles idées. Cela nous a simplement offert un autre endroit depuis lequel les observer.

Ce Journal est l’endroit où nous partagerons lieux, observations et idées qui continuent de façonner notre pratique. Parfois, elles naîtront d’une conversation ; parfois d’une photographie, d’un bâtiment, d’une promenade ou d’un moment ordinaire qui reste en nous un peu plus longtemps que prévu.

Pas comme des réponses, mais comme une conversation en cours.

Un terrain commun

Quand lobservation devient-elle collaboration ?

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Discussion avec les falaises d'argile d'Ōmārama (Clay Cliffs)
Balade mystique dans la neige dans la région de Tekapo

Nous avons fait passer deux lignes oranges fluorescentes à travers les forêts, les rivières, la neige et par-dessus les montagnes. Vives, industrielles et résolument humaines, elles semblaient étrangères à des paysages anciens, patinés par le temps et immuables.

Au début, cela ressemblait à une intervention. Mais quelque part en chemin, c’est devenu autre chose.

Les lignes n’ont jamais vraiment été le sujet du travail. Ce qui nous intéressait, c’était ce qui se passait à cause d’elles.

On cesse de simplement traverser un paysage et l’on commence à y répondre.

Comment les faire passer par-dessus ce rocher ? Autour de cet arbre ? À travers ce ruisseau ? Que se passe-t-il si elles disparaissent derrière la colline ? Et si elles attrapent la lumière ?

Sans même nous en rendre compte, le paysage cesse d’être un décor. Il commence à prendre des décisions avec nous. Le terrain décide. Les arbres décident. La gravité décide. Le vent décide. Parfois, on arrive avec une idée, pour découvrir que le lieu lui-même la refuse doucement et en suggère une autre.

Le travail devient une conversation. L’un tient les lignes. L’autre avance. Puis on échange. Puis on ajuste, tous les deux.

Rien n’est imposé. Tout se négocie.

Avec le recul, je ne pense pas que nous nous soyons jamais vraiment intéressés aux lignes elles-mêmes. Ce qui nous intéressait, c’était la relation qu’elles révélaient — entre deux personnes, entre une intention et un lieu, entre quelque chose d’indéniablement humain et quelque chose qui était là depuis des millions d’années.

Pendant un bref instant, ni l’un ni l’autre ne domine. Les lignes fluorescentes ne disparaissent pas dans le paysage, pas plus que le paysage ne les engloutit. Au contraire, chacune transforme la façon dont l’autre est perçue.

C’est peut-être là que l’observation devient collaboration. Non pas lorsque nous cessons de regarder, mais lorsque nous cessons de demander à un lieu de se conformer à notre idée et que nous commençons à lui permettre de façonner le travail avec nous.

Au fond, les lignes n’étaient que la trace d’une conversation entre des personnes et un lieu.

Parallèle

© Parallèle 2026

Parallèle

© Parallèle 2026

Parallèle

© Parallèle 2026

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